#675
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par Drahe » 12 janv. 2010, 02:28
Vendredi 8 Janvier 2010:
Cthulhu, les masques du Pharaon Noir: Une fin d'intrigue à New York qui se résume surtout par le repos et l'étude des nombreuses reliques trouvées lors de la folie du dernier scénar. L'occasion de grappiller quelques augmentations de compétence, 1 point d'Aplomb chacun et quelques petits regains de SAN (j'ai bien dit petits, j'ai toujours moins de la moitié de ma SAN initiale).
Avec l'étude des grimoires et de différents livres sympathiques, j'apprends un sort (créer des zombies... wouaahaaa) et je déchiffre quelques inscriptions runiques mystérieuses sur les objets venants du culte New Yorkais que nous avons démantelé. Pendant ce temps, Stonning se dit que le masque africain lui va vachement bien... Presque trop bien: il lui adhère au visage et notre détective de l'occulte est pris d'une vision démoniaque de Shub-Niggurath en personne. Heureusement, il ne s'en souviendra pas. Pendant ce temps-là, en touchant le masque pour lui retirer, je fais une petite crise hystérique. Worf amorce l'action du scénar qui me reviendra dans la gueule comme un mauvais karma: il assomme Stonning avec le premier vase qu'il trouve dans mon cabinet d'étude (s'en suivront de nombreuses engueulades roleplay et des lamentations sur la perte de mon vase Canope). L'effet est en tout cas réussi car le masque africain se détache et tombe.
Pendant le coma du perso de Stonning, Grome en rajoute 5 ou 6 couches sur le vase ("Il était inestimable, c'était un objet sans prix... Oui, c'était la première fois qu'on retrouvait un vase canope en aussi bon état... En plus, il y avait un coeur momifié à l'intérieur, c'était vraiment une pièce exceptionnelle et le clou de ta collection... Et puis, c'est un peu la découverte de ce vase qui a t'a fait connaître dans le milieu de l'archéologie...") Bref, engueulade roleplay avec Worf sur fond de séances de psychanalyse entrecoupées d'études de reliques.
Vient ensuite le voyage en bateau pour Londres, rendre visite à la fondation Pen-whu, qui a l'air plus mouillée dans cette affaire que le fond de culotte d'une évangéliste pré-pubère dans un concert des Jonas brothers. A Londres, tout ne se passe pas comme prévu, et le secrétaire de la fondation est incorruptible. Je grappille laborieusement de maigres informations sur les cultes Kenyans à la bibliothèque du British Museum pendant que Worf et Stonning ourdissent un plan machiavélique pour dérober l'agenda du fondé de pouvoir de Pen-whu... On passe la nuit à planquer pour noter la fréquence des rondes.
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Samedi 9 Janvier 2010:
Shadowrun, la victimisation: Au casting, Portoloups, l'homme aux mille masques (notre Nyarlathotep perso), Globule en hacker d'origine russe avec un matos discutable, et mon Nain chaman du Corbeau. Se joindront à nous, pour renfort: une chaman du Chat d'origine Pueblo magnifiquement campée par Sambre, et un otaku un peu trop câblé qui se prend vraiment pour un samouraï, incarné par un PA surcaféiné.
Prologue: "On parie combien que cette ordure de Jonshon est un Aztlan?"
Contactés par la délicieuse Bastion, nous prenons connaissance d'un rendez-vous matriciel avec un Johnson qui ne tolère pas l'échec. Avant le rendez-vous, deux évènements se produisent... Notre hacker reçoit un mystérieux message par Commlink "Alors, vous aimez notre petite surprise? Voyons si tu peux faire un run avec une bombe dans le pancréas!". Pendant ce temps, mon perso est "invité" à monter dans une voiture par un chaman Pueblo. Il m'explique en termes simples que mon prochain Johnson est une ordure, et que j'ai pour mission de le doubler et de le descendre: double-récompense si je réussis, la mort si j'échoue (réussir ou mourir semble être le leitmotiv de ce run).
Le rendez-vous matriciel se fait en réalité augmentée depuis une cabine publique pour Portoloups et moi, en réalité virtuelle pour Globule qui reste chez lui, câblé à la Matrice.
La pièce virtuelle est vide, à l'exception d'un bureau totalement translucide comportant un tiroir noir impénétrable. La négociation est très rude, il nous fait clairement comprendre qu'il nous descendra au moindre faux pas. La vitre de la cabine publique où je me trouve explose dégommée par un sniper, en guise d'avertissement. La bombe dans le pancréas de Globule est aussi évoquée en termes crus.
Voici la mission: nous devons infiltrer une vente aux enchères privée en prenant l'identité d'un certain Alvaro Mendès, richissime amérindien. Une fois sur place, il faudra faire de la figuration en se faisant passer pour Mendès, sa femme, son garde du corps et son pilote rigger. Le but est d'acheter le plus légalement du monde (si l'on excepte l'usurpation d'identité) un des objets du catalogue: des urnes Pueblos. Pour avoir ces urnes, le Johnson nous donne accès à un compte anonyme de la Zurich Orbital comportant 200 000¥, plus 50 000¥ de rallonge exceptionnelle si les enchères montent trop. Et si les enchères montent au-delà? A nous de nous démerder pour que ça n'arrive pas...
Première partie: Le plan A, A', B, C, C++, et le dur apprentissage de la Loi de Murphy.
La tempête cérébrale s'active: on joue du contact pour réunir de maigres informations sur Mendès. Le Johnson nous a heureusement donné le trajet de la limousine du millionnaire. Voici le plan: dans une rue discrète, j'invoque un esprit capable de provoquer une défaillance technique dans le moteur. La voiture d'arrête, et Globule utilise un brouilleur électronique pour l'empêcher d'envoyer des SOS par Commlink ou radio. Portoloups, déguisé en flic, viendra demander ce qui se passe et en profitera pour injecter un gaz neuro-étourdissant dans le véhicule, afin de neutraliser le pilote rigger et le garde du corps. Par sécurité, je dois également lancer un éclair étourdissant sur le garde. Vient ensuite une partie plus délicate: transférer les corps et voler la limousine... Appel à Bastion: on a besoin de bras! Elle nous fournira des renforts qu'elle paiera elle-même pour s'excuser de nous fournir un Johnson moisi. C'est ainsi qu'apparaissent Sambre et PA, fraîchement relâchés de leur Delta Green. On joue du contact: location d'une deuxième voiture pour embarquer les corps, achat d'un brouilleur électronique, de menottes pour ligoter nos prisonniers, et Portoloups réussit miraculeusement à obtenir un uniforme de la Lone Star grâce à son contact fliquette (qui ne demande en échange qu'un dîner dans le resto le plus cher de Seattle).
Le plan ne se déroule pas comme prévu... Déjà, lors de l'invocation de l'esprit qui devait provoquer l'incident: mon spectre urbain est soudain dominé par un autre... Un visage enfantin prend sa place et me dit que non, il n'a pas aimé ma vengeance (c.f. le dernier scénar où nous avions maquillé une scène de crime avec l'aide de cet esprit sauvage, en échange de la promesse de venger la victime). Et que tant que le responsable du meurtre n'aura pas souffert, c'est moi qui vais souffrir... Et il disparaît. Je suis donc amputé de la possibilité d'invoquer des esprits pour le scénar, c'est ce que Prêtre appelle "avoir un mauvais karma". Heureusement, Sambre sauve la mise et invoque son esprit lié pour qu'il provoque la panne. Je crois que le brouillage réalisé par Globule a été le seul élément conforme au plan initial (merci à lui). Portoloups comptait sur l'immobilité du rigger et du garde, mais ça flanche. Le rigger sort immédiatement de la voiture pour inspecter le moteur, et le garde du corps est un Troll câblé aussi rapide que brutal (mais de quel joueur ce pnj est-il inspiré?) Portoloups réussit à endormir le rigger, mais le Troll a le temps de tirer avant de se prendre un éclair étourdissant dans les dents. Il s'affale sur le capot et bousille la limousine... Il va falloir en trouver une autre. Grâce au piratage de la voiture par Globule, la vitre de séparation s'ouvre et le gaz neuro-étourdissant de Portoloups se répand à l'arrière du véhicule pour endormir Mendès et sa femme.
Sort d'invisibilité sur le corps du Troll, et on transfert tout ce beau monde dans la seconde voiture aux vitres fumées, louée pour l'occasion et pilotée par PA. La limousine de Mendès est inutilisable, Globule pirate l'autopilote pour qu'il la conduise dans les Barrens où elle se fera dépouiller. On déshabille tout le monde, on double la dose de gaz et on menotte nos otages. On passe ensuite dans une seconde limousine louée avec nos propres moyens. C'est ainsi qu'on se déguise, qu'on se pomponne pour le vente aux enchères. Portoloups enfile comme un gant l'identité d'Alvaro Mendès, Sambre fera de son mieux pour camper sa femme, Globule et moi devrons nous taire pour incarner à la perfection le rigger et le garde.
Deuxième partie: "Chérie, sois belle et ferme-là."
La vente aux enchères est organisée par la Lone Star et la Mairie de Seattle, afin de revendre de très puissants objets magiques pris lors d'une descente. Cette vente sera ultra-sélect, et aura lieu dans une enclave de sécurité AAA. Que ce soit astralement, physiquement ou virtuellement, le lieu est inviolable: bâtiment recouvert d'une vigne éveillée très dense (équivalent d'une barrière-mana de Force 9), glaces noires et drones de sécurité, Lone Star et compagnie de sécurité privée supplémentaire sur les lieux.
Sur place, la vente est lente... Mais on ne voit pas le temps passer: Sambre et Portoloups se donnent la réplique pour jouer le millionnaire blasé et sa femme capricieuse. C'était un excellent moment de roleplay riche en fous-rires. Des objets magnifiques nous passent sous le nez: lance esquimau en os (un focus d'arme d'une force redoutable), talisman sioux capable de réduire considérablement le Drain (Sambre réussit haut la main son jet de reconnaissance astrale, ce qui lui permet de pleurer à chaude larme en réalisant la puissance de l'objet qu'elle ne possèdera jamais), et une lampe à huile sculptée en ivoire d'une gigantesque puissance, il semblerait qu'elle puisse purifier l'espace astral à un point extrême.
Les protagonistes sont hauts en couleur: le chaman qui m'a abordé en début de scénar, déjà, dont la voix tonitruante martèle des chiffres fous pendant l'enchère et qui semble avoir abattu quelqu'un dans les toilettes. Un Elfe très imposant, acheteur de la lance esquimau et de la lampe, dont le score en Charisme explose des records. Entrange impression, mais lorsque cet Elfe a posé les mains sur la lampe après l'avoir acquise, Sambre a perçu une sorte de profanation de l'objet magique... Je sens le pnj majeur qui va nous revenir dans la gueule. Une représentante de Saeder-Krupp, porte-parole de Lofwyr et très intéressée par la lampe en question. Il y a aussi un mystérieux lord Anglais. A cela s'ajoute un personnel douteux: petits fours comportant d'étranges marques (c'est un poil sur la garniture? Ou l'antenne d'un micro-drone?), vin servit beaucoup trop chaud... Une seconde équipe de runners est sur les lieux, et ils sont derrière le comptoir déguisés en personnel de traiteur, c'est clair.
Troisième partie: Trois petits rounds et puis s'en vont.
Pour gagner en crédibilité, nous faisons des enchères sur des objets qui ne nous intéressent pas, en serrant les fesses pour que quelqu'un d'autre enchérisse derrière. C'est comme ça qu'on a attiré l'attention sur nous de la porte-parole de Lofwyr: nous avons monté le prix de l'objet sur lequel elle devait mettre la main... Le grand dragon risque de ne pas apprécier. Par malheur, les urnes nous échappent et les enchères flambent largement au-delà des 250 000¥ prévus par notre Johnson.
C'est à peu près à ce moment-là que Globule a déclenché les feux de l'apocalypse. En s'apercevant qu'une serveuse était en train d'enfoncer lentement une lame dans les côtes de Portoloups, il a crié "ALAAARME!!!"... Nous qui comptions sur le professionnalisme de la Lone Star, nous avons été déçus: seule l'autre équipe de runners semblait posséder des armes, Sambre et moi avons été étalés par une mage de combat qui ne semblait pas hésiter à surcharger largement ses sorts, et tout le monde a mangé quelques pruneaux. PA a été appelé à la rescousse.
Après ce vent d'apocalypse, les runners disparaissent avec les urnes pueblos, voilés par un esprit. Dans la confusion, Portoloups a l'opportunité de saisir quelques objets magiques, dont celui qui intéressait Lofwyr. Commence la poursuite en voiture grâce à PA qui nous a exfiltré de la salle aussi discrètement que possible. Dans la véhicule, le trauma patch que m'a collé Portoloups agit, et je me réveille, pâteux. Nous poursuivons les autres runners grâce à un élément essentiel: le Johnson nous avait précisé les tags RFID des objets de cette vente, ce qui permet à Globule de trianguler leur position grâce à son bidulomètre. La pédale d'accélération chauffe...
Notre voiture percute brutalement celle des runners! On s'en tire sans trop de dégâts, mais eux font trois tonneaux avant de s'immobiliser dans le fossé. Ils sortent comme ils peuvent, et la mage de combat se prend une rafale de plomb grâce à PA et ses réflexes câblés. Un street samouraï nous tire dessus, mais une grenade fumigène de Portoloups nous masque à sa vue, et il ose à peine répondre à nos tirs aveugles. Grâce à la triangulation bidulométrique des tags RFID, nous localisons les urnes pueblos... qui s'éloignent de la voiture des runners! Le lord anglais fout le camp avec les objets sous les bras. Globule force la serrure informatisée d'une bagnole et nous poursuivons le signal. Coïncidence ou délicat piratage de rigging de la part de Globule, je ne sais pas, toujours est-il qu'une moto percute le lord qui s'affale. Nous récupérons les urnes, mais l'une d'entre elle est brisée.
Epilogue: Et surtout... surtout, ne traite jamais avec un dragon.
La fin de scénar a été un peu accélérée, mais une fois en sécurité et sommairement soignés, nous convenons de ne surtout pas remettre les urnes à notre Johnson, qui nous liquidera certainement. Nous faisons appel à la porte-parole de Lofwyr puisqu'après tout, nous avons aussi dérobé la lampe d'ivoire, nous possédons un objet qui l'intéresse au plus haut point. C'est une sécurité pour nous aussi: il est hors de question de garder un objet magique puissant qui intéresse le dragon. Nous l'appelons donc, en espérant ne tomber que sur elle... Elle nous bascule presque immédiatement sur l'image d'un gigantesque oeil rouge et un visage draconique... Lofwyr rit: "J'aime les petits salopards de votre espèce." Nous passons un marché avec lui: en échange de cette lampe qu'il voulait tant, il devra liquider notre Johnson (et nous fournir un uniforme de la Lone Star aux mensurations précises pour remplacer celui abîmé de la fliquette de Portoloups). "J'aime votre sens de l'humour... Accordé! Mais... Vous vous souviendrez de mon aide à l'avenir..."
Je rends les urnes restantes au chaman qui m'avait accosté (ce qui me vaut 15 000¥ de plus que les autres), Globule est opéré en urgence pour retirer la micro-bombe qu'il a dans le bide. Enfin, nous envoyons un message anonyme à la Lone Star depuis une cabine publique pour signaler qu'une voiture pleine de gens menottés les attend à telle adresse, et nous gardons pour nous les 200 000¥ du compte anonyme créé pour la vente.
A part quelques mauvaises réceptions de pruneaux volants, le run s'est relativement bien passé, mais nous avons croisé des gens qui reviendront, c'est plus que certain. On peut remercier chaleureusement Sambre et PA pour leur remarquable contribution qui a amélioré le roleplay, l'ambiance et la difficulté du run.
