
Contexte historique:
Nous sommes au début de l'année 1713. La guerre de succession d'Espagne qui avait fini d'épuiser les puissances européennes par de nombreuses batailles, tant sur le continent que dans les colonies, se termine par la signature du traité d'Utrecht en 1712. Elle laisse place à une ère relativement prospère, où les industries du sucre, du tabac et du coton commencent à devenir réellement rentables, en particulier pour la France. Les îles auparavant très peu peuplées commencent à se doter d'une importante immigration de colons ( plusieurs milliers par an partent tenter leur chance dans la culture, le commerce ou l'artisanat ) mais aussi d'une population d'esclaves semblant croître à l'infini. En effet depuis plus de 30 ans se sont près de 8000 esclaves qui sont acheminés par an depuis l'Afrique afin d'être vendus à leurs nouveaux propriétaires, pour beaucoup de riches planteurs, mais aussi l'empire espagnol qui ne pratique pas directement la traite. Pour les pirates, l'époque de la flibuste et des " frères de la côte ", organisation vouée à renforcer la camaraderie et garantir le partage équitable des prises, est révolue. L'île de la Tortue, célèbre repère d'où sont parties des expéditions regroupant parfois jusqu'à un millier d'hommes vers le milieu XVIIe siècle, a été vidée de ses habitants par l'amiral Du Casse, gouverneur d'Hispaniola vers 1690. Cela ne l'a pas empêché d'engager ces mêmes forbans, regroupés alors dans les ports de la côte ouest d'Hispaniola, pour ses expéditions militaires lors des guerres qui ont suivies. Ses expéditions, où on leur laissait croire à une part du butin pour ne leur verser au final qu'une solde de marin ou de militaire, n'était pas du goût de tous et si, en dehors de celles-ci, les gouverneurs délivraient encore des lettres de marque, la plupart des pirates se voyaient opposer une justice sans précédent. La pendaison fut le sort de beaucoup d'entre eux. Il fallait donc devenir honnis de tous et être prêts à braver les pires tourments pour espérer vivre des fortunes de mer. Nous sommes en effet à l'aube de l'ère où vont s'exprimer toutes les légendes de la piraterie que vous croiserez peut-être : Barbe noire, Calico Jack, Mary Reed et Anne Bonny sont tous des produits de cette époque.
L'Ile d'Hispanola:
Coupée en deux du nord au sud et partagée par les Espagnols à l'est et les Français à l'ouest, c'est la deuxième plus grande île des Caraïbes après Cuba. Sa capitale côté français est Port aux Princes dans le renfoncement de la région de Léogane, au sud, non loin se trouve Petit Goave, repère de contrebandiers et flibustiers où sont partis beaucoup d'anciens de la Tortue soit encore très peuplée. Dans les terres avant l'implantation de nombreuses sucreries et exploitations agricoles vers 1670, hormis les indiens Taïnos quasiment déjà exterminés, les boucaniers représentaient la population la plus nombreuse. Ils chassaient le bétail redevenu sauvage sur l'île et revendaient aux colons ou flibustiers la viande fumée et le cuir traité. Leur population a commencé à décroître avec l'arrivée massive de colons si bien qu'il n'en reste qu'un poignée au début XVIIIe siècle. Pendant la guerre de nombreux forts ont été construits sur les côtes et munis d'importantes garnisons pour se prémunir des attaques anglaises, cette nation étant devenue la plus forte puissance maritime, il n'est donc pas rare de croiser des militaires dans ses ces terres. De l'autre côté, la capitale est Saint-Domingue, les espagnoles, en bon termes avec les français, plantent moins de canne que leurs voisin, ils cultivent bien-sur, mais il s'agit surtout d'une place stratégique, avec Puerto Rico, permettant de répartir les ressource en hommes et matériel entre le continent et tout l'empire espagnol américain. Il y transite encore à cette époque de lourds 3 mâts chargés d'or et escortés par des navires militaires.
Votre situation: Un irlandais, dont vous avez entendu parler ou que vous connaissez du nom de Coran Bards, essaie de réunir un équipage de pirates au sud d'Hispanola, dont il connaît bien les côtes, afin de dévaliser les navires de toutes nations faisant commerce dans la région. Il souhaite engager de bons marins, hardis et sûrs auxquels il pourra faire confiance. Vous pouvez être de n'importe quelle origine mais il est préférable de parler français. Il s'est déjà entouré d'une quinzaine de marins, gabiers ou mousses en plus des personnages principaux, qui savent a peu prêt tout faire, le but étant de constituer un équipage réduit pour manier agilement votre petit bateau; rapidité et surprise seront vos principaux avantages.